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Article dans "Endurance équestre " N° 11 fevrier 2008

Mon cheval ne manque pas d'aplomb

1 – Comment corriger les aplombs – beaucoup de maréchaux ont tendance à vouloir parer afin d’obtenir un “pied idéal” qui ne tient pas compte de la morphologie du cheval.

 

Il est vrai que beaucoup de « poseurs de fers » ont pour seul objectif de faire un « beau pied » voir un « beau petit pied » terme fréquemment employé comme si un petit pied était un critère de confort pour le cheval. Essayez donc de marcher avec des chaussures tailles 38 si vous faite du 43 ?d'autres ont essayé, dans un but pédagogique, de mettre au point des méthodes de parage, toutes plus ou moins bonnes, avec des repères précis, quantifié, méthode généralement accompagné d’un outil de mesure.D’autres encore persuadé d’avoir tout compris (pas dans l’art de ferrer mais dans celui du business) ont carrément décrété que tel et tel   angle de boite cornée était universelle et Applicable a tous les chevaux et qu’après un stage de quelques heures vous pouvez même être capable de parer votre cheval !

 

 L’approche de l’aplomb « idéal »  s’obtient par la prise en compte d’une multitude de critère : tel que :  Des axes, des angles, une conformation du membre etc.…Le confort, la sensibilité , la proprioception, le déplacement etc.…De plus ils peuvent varier selon que le cheval est monté ou pas

 Il est donc plus sûr de recouper toutes ses données d’en faire une synthèse puis parer et ferrer en conséquence. plutôt qu’une application systématique de telles ou telles méthodes . 

En fait Il faut parer et ferrer le « cheval » pas juste ses pieds

           

NOTA ( le parage suivi d’un ferrage peut être très différent du parage d’un cheval qui restera pieds nues. La ferrure nous permet de modifier certains critère en jouant sur la largeur la hauteur la longueur ou le poids du fer utilise )

 

Les critères évident à respecter

 Les axes phalangiens :

L’axe sagittal et l’axe medio latéral (voir Fig. N°1) doivent être alignés.sans chercher a respecter un degré x ou y par rapport au sol). juste aligner la phalange proximale, moyenne, et distale entre elles .

 si le cheval concerné présente un aplomb de pied qui n’est pas en phase avec l’aplomb du membre ou si un doute persiste on peut aisément après le parage s’aider de radiographies (en vue Sagittale et en vue latéromédiale)  pour confirmer ce respect axial ou mettre a jour tout pincement articulaire.

Si ces axes ne sont pas respectés il en résultera inévitablement des problèmes articulaires et/ou tendineux à long terme.Et a court terme si cet aplomb n’est pas favorable a l’activité du cheval
 

Fig. 1

Les critères intuitifs a prendre en compte

 

-   Le degré de parage (la quantité de corne que l’on coupe) doit correspondre  a la   sensibilité du cheval.Si on pare trop on créera Si on ne pare pas suffisamment, on contrarie la mécanique des talons, et s’en suivra toute une série de probl ème de vascularisation d’oumauvaise corne talon encastelé etc.…Garder une taille de pied proportionnelle au cheval

 Ces critères sont très importants, leur non respect procure aux chevaux un inconfort qui se traduira par des douleurs articulaires et tendineuses dues a la recherche systématique d’une position antalgique.Imaginez vous traversant une patinoire avec aux pieds des chaussures lisses :

vous allez contracter tous vos muscles pour ne pas tomber. Rien qu’une heure de ce traitement et c’est des courbatures pour la semaine.

Le Cavalier peut donner de précieuses indications sur la façon dont son cheval se déplace.Le fait il avec franchise et sûreté ? avec crainte ? est ce qu’il trébuche ? La marche est t’elle plus franche en descente  ou montée ? Tourne t’il mieux a main gauche qu’à main droite ? Refuse t’il de galoper sur une des diagonales ?Il faut un dialogue entre le cavalier et son maréchal Le mieux est que le maréchal voit le cavalier et le cheval dans leur discipline Le cheval doit poser ses pieds dans ses axes naturels. On compensera leurs défauts d’aplomb, une foi ces axes naturels respectés. Qu’il soit acquis,  ou qu’il soit Induits,  par la pratique d’une activité spécifique On ne ferre pas un cheval d’endurance comme un cheval de dressage ou de complet. L’un ou l’autre, sollicite plus ou moins l’une ou l’autre partie de leur anatomie.

(Un joueur de foot ne met pas des chaussures de ski et une ballerine des chaussures de montagne et pourtant ils ont les mêmes pieds et la même biomécanique mais pas les même contraintes induites par la pratique de leur sport).

 

Alors comment être sûr d’être dans le vrai ?  

 Pour être sûr d’avoir bien ferrer, il faut examiner le relever (les vieux fers) ils doivent présenter une usure régulière de l’éponge médiale à l’éponge latérale.Si l’usure d’une des deux branches, ou une partie d’une des branches du fer, est usée exagérément (Fig. 2) on peut dire que le pied a quitté ou atterri au sol par cette partie et qu’il n’y a pas eu un posé plat en talon avec un déroulé du pied équilibré jusqu’au moment ou le pied quitte le sol pour la foulé suivante.

Là, trois hypothèses : 

1   il a inévitablement une surcharge ligamentaire, tendineuse,  et/ou articulaire en regard de cette usure.

2   cette usure se répète de ferrure en ferrure (on n’est pas dans l’aplomb naturel du cheval ).

3   cette usure survient spontanément après plusieurs ferrure correctes le cheval est entrain de compenser un  problème locomoteur

Fig 2

Une bonne ferrure vise a rétablir l’équilibre des forces mises enjeu lors de la foulée, du départ du pied au posé du pied .

 

 A la question «comment  corriger les aplombs et parer correctement » la réponse peut vous paraître abstraite, voir floue .Mais y a t’il vraiment une réponse ? ou y a t’il autant de réponses que de chevaux ?Le parage ne peut pas être quantifié avec précision, et l’aplomb régit par quelques règles d’ordres géométriques .IL concerne un animal vivant qui a des possibilités de compensation spectaculaireS ET qui réagit selon sa biomécanique propre

 il faut « ferrer un cheval, et pas juste ses pied, » !

2 – Quels types de fers privilégier et en fonction de quoi ?

Le fer est choisi en rapport avec l’activité du cheval , et est modifier selon ses aplombs et des contraintes inhérentes a cette activité .Surtout si l’activité en question correspond nullement a la morphologie du cheval,Ce qui est très souvent le cas et aggrave ou complique la vie du maréchal !On voit rarement dans le sport humain une fille de 90kg ou 100kg faire de la danse classique … ou un type de 65 kg faire du sumo .Dans l’univers équestre cet antagonisme est plus que fréquent .En endurance les contraintes sont multiples et rythmées par des périodes de course et des périodes d’entraînement, de repos, ou de convalescence

 

La ferrure de course :

Les chevaux d’endurance doivent fournir des efforts de plusieurs heures, sur des terrains variés accidentés avec des accélérations en fin de course non négligeables .Cela nous impose une première chose la ferrure doit être des plus confortable.Il faut respecter parfaitement l’aplomb du cheval et ceci d’autant plus que les vitesses sont élevées. Des erreurs qui peuvent être pardonnées sur une 90 à 13 km/h seront fatales sur une 90 km à 19 Km/h de moyenne

 

 Le fer

Il doit être légèrement plus étroit en éponge qu’en pince Pour faciliter l’enfoncement des talons (au moins sur les sols souples) ceci pour soulager un maximum le suspenseur du boulet ( principe inadaptée aux concours hippique)Un relever de pince supérieur a la normale pour faciliter le départ du pied, d’autant plus qu’on laisse s’enfoncer les talonsLe poids est l’ennemi de toute ferrure, l’endurance n’échappe pas à cette règle, Donc prendre un fer le plus léger possible un   20/8 en acier plutôt qu’un de 22/10 habituel.

 

Nota : attention de pas affiner excessivement les éponges .Il est primordial de laisser une largeur suffisante, pour assurer une stabilité au posé du pied .Le principe fondamental étant que la pince soit plus large que les éponges. 

Pour ce qui est du nombre de pinçons, personnellement je mets un pinçon aux antérieurs et deux pinçons aux postérieurs. La seule chose qui me fasse changer d’avis est le confort du cheval, s’il se sent plus a l’aise sans pinçon aux antérieurs je les supprime La tendance est à la pose systématique, de fers deux pinçons aux antérieurs. Si c’est bien posé, et pour des raisons orthopédiques, pas de soucis. Mais il faut bien se l’avouer, c’est plus souvent la dernière solution utilisée par des poseurs de fer à leur problème de perte de fer trop fréquent ou un manque de rolling du a un degré de parage des plus approximatif.  

 

IL faut du confort

On peut glisser une plaque avec ou sans silicone (si l’on ne met pas de silicone, on doit pratiquer une fenêtre en pince pour permettre l’évacuation des saletés ,sable terre…)La qualité de la plaque peut être différente selon que l’on cherche juste a protéger la sole ou si l’on veut dans le même temps amortir. Dans le premier cas des plaques Type pvc sont suffisantes ,dans l’autre des plaques type nylon ou bi-composant sont plus indiquées.( éviter les plaques cuir dans les vets les pieds pataugent dans l’eau et le cuir va faire éponge et votre ferrure prendra un poids impressionnant.On a également des solutions sans plaques en remplissant avec des silicones colles   bi-composants d’une terrible efficacité pour les chevaux « douillets » mais attention ça glisse un max. ! sur l’herbe humide !

Nota :ces deux techniques contrarient l’enfoncement des talons et apportent

un surpoids non négligeable. C’est donc a tester avec chaque cheval et a confirmer ou infirmer par les sensations du cavalier .

Il faut du  « grip »

Des pointes tungstènes sont posées ( dans les cas extrêmes des crampons peuvent être envisagés), ce n’est pas le top pour les tendons je vous l’accorde, mais c’est toujours mieux que de réduire a néant des mois de préparation en créant des semaines de convalescence dues a une chute dans un virage pris un peu vite !

La ferrure d’entraînement :

 Pour l’entraînement, il faut être encore plus confortable.C’est à la maison que l’on « casse » les chevaux . pendant ces kilomètres d ‘entraînement indispensable a la bonne condition métabolique.Des fers acier mais cette fois avec une couverture de 22mm voir 25mmla vitesse étant contrôlé on peut se permettre cette augmentation de poids Mieux, l’utilisation de fer en Aluminium a qui l’on peut donner énormément de couverture sans augmenter le poids. Leur grip très important rend l’utilisation des pointes et crampons inutiles. (Si le budget ferrure suit bien sur !)

 Alors pourquoi pas « l’ ALU » pendant les courses ?

Tous simplement parcequ ’il ne tient pas la distance (90km est un maximum) il faut donc prévoir de referrer pendant la course si on prend cette option .Cela est du a la vitesse, l’usure de la ferrure est exponentielle a la vitesse Bien sur on peut courir avec des « alu » si le cheval l’exige. Mais c’est une contrainte de plus a gérer pendant l’épreuve
 

 3 – les avantages et inconvénients des semelles

je vais me mettre des centaines de personnes a dos mais je ne pense pas que les semelles puissent être une bonne « solution » si ce n’est pour des chevaux qui ont des pieds d’une conformation et un déplacement parfait .Si on la chance de posséder un tel cheval pourquoi ne pas ferrer tout simplement ? Si ce n’est le plaisir de faire autrement ? mais bon chacun son truc . Par contre ce qui me gêne plus c’est le fait qu’elles soient toujours présentés comme la solution idéale aux problèmes d’aplomb, et a toutes les pathologies possibles et imaginables. Or elles sont, dans le même temps, parfaitement inadaptables aux pieds a problèmes ,rarement a la bonne taille ,et encore plus rarement à la bonne forme. On ne peut ni affiner une branche, ni l’ élargir, ni faire de relever de pince ,ni allonger ou raccourcir une éponge .Même l’ajusture est des plus délicate a faire !

4 – Comment reconnaître un bon maréchal ferrant ? 

Il y a une différence fondamentale entre un « poseur de fer » et un maréchal ferrant. le premier pose une protection de la boite cornée contre son usure prématurée point final.Le second a une démarche, et une vue globale du cheval, certes il protége la boite cornée, mais il est conscient que cette intervention va agir sur l’ensemble du cheval. Il va réussir a dialoguer avec le cavalier et le vétérinaire .Pour qu il puisse leur communiquer Le maréchal ferrant voit le cheval régulièrement (dans un délai disons de 4 à 6 semaines Intervalle de temps propice a la détection des petits troubles naissants).Avec l’expérience, il est tout a fait capable de déceler la moindre gène lors d’un ferrage.La flexion des postérieurs ou leurs extensions donnent des indications sur l’état de l’articulation lombo-sacré et/ou sacro-iliaque et signifie dans tous les cas une douleur dorsale.Une réticence a mettre l’antérieur sur le trépied peut signifier une douleur a l’épaule ou au garrot etc…une prise de poids ou au contraire une maigreur rapide ,une irritation inhabituelle,une qualité de corne qui se modifie etc.… sont des indications sur son état métabolique ces signes peuvent échapper au cavalier et au vétérinaire qui lui est appelé quand le problème est bien posé.Il Utilise les techniques d’investigations modernes (avec l’aide du vétérinaire) comme : - l’anesthésie tronculaire pour localiser avec certitude une et à sa pathologie Une telle synergie entre le cavalier et son maréchal permet de résoudre 80 % des petits « bobo » avant qu’il n’évoluent en pathologie lourde voir insurmontable .IL doit s’informer des nouvelles techniques ,et tester les nouveaux produits

 Il doit surtout être capable d’admettre que sa ferrure peut ne pas être correcte au premier coup et recommencer alors son ouvrage

Marc Mourer M.F. 

 

  

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